Construction : un redressement en trompe-l’œil sur fond de fragilités structurelles

Dans sa note de janvier 2026 sur la conjoncture de la filière construction, le réseau des CERC révèle une situation contrastée et incertaine.

Dans sa note n°137 (15 janvier 2026) sur la conjoncture de la filière construction, le réseau des CERC analyse, comme chaque mois, les évolutions de l’activité et de l’emploi au cours des trois derniers mois et sur un an, globalement et par région.

Logement neuf

La filière construction française affiche, en cette fin d’année 2025, un visage profondément contrasté, marqué par un net redressement de la construction neuve malgré des volumes historiquement bas. En novembre 2025, les mises en chantier de logements progressent de 20,9 % sur un mois, portant la hausse trimestrielle à 20,2 %. Sur douze mois glissants, le total atteint 274 400 unités (+5,8 %), porté par la dynamique de l’individuel groupé (+10,3 %) et du collectif (+7,2 %), tandis que l’individuel pur stagne. Les autorisations de construire confirment cette tendance avec une progression de 21,3 % sur trois mois cumulés à fin novembre. Parallèlement, les locaux non résidentiels profitent également de cet élan trimestriel (+12,8 %), avec une superficie totale de 20,6 millions de m² commencés sur un an.

Toutefois, la commercialisation des logements neufs peine à suivre ce rythme de production. Si les mises en vente ont bondi de 41,9 % au troisième trimestre 2025 par rapport à un troisième trimestre 2024 extrêmement bas, les réservations des particuliers reculent encore de 9,5 % sur la même période. À l'inverse, les réservations des investisseurs institutionnels (ventes en bloc) s'inscrivent en hausse de 16,3 %, offrant un relais de croissance ponctuel.

Entretien-rénovation

Les autres segments de la filière montrent des signes d'essoufflement notables. L’entretien-rénovation concède un repli de 1,3 % au troisième trimestre 2025, marquant son quatrième trimestre consécutif de baisse. Les carnets de commandes de ce segment se stabilisent à 13,6 semaines en moyenne, bien que des disparités territoriales subsistent, la Bretagne restant la plus garnie avec 17,4 semaines.

Travaux publics

Dans les travaux publics, la dégradation est plus marquée : si l'activité annuelle semble résister (+0,5 %), les marchés conclus chutent de 19,5 % sur trois mois et de près de 14 % sur un an, impactés par la fin de cycle municipal et la fin de l'effet de base lié à l'EPR de Penly.

Matériaux et emploi

Cette conjoncture atone pèse directement sur l'industrie des matériaux et l'emploi. La production de béton prêt à l’emploi (BPE) recule de 4,0 % sur un an, alors que celle des granulats reste globalement stable.

L'emploi salarié poursuit son érosion, s'établissant sous la barre des 1,6 million de postes à fin septembre 2025.

Enfin, si les créations d'entreprises ont rebondi au troisième trimestre (+8,1 %), les défaillances demeurent à un niveau élevé malgré une hausse plus modérée ce trimestre (+1,7 %).

Le réseau des Cellules économiques régionales de la construction (CERC)

Les observatoires régionaux de la filière Construction (CERC)
 produisent de l’aide à la décision pour un partenariat large d’acteurs locaux : actualité, analyse, suivi des marchés, prospective, veille économique, mesure de l’impact des politiques publiques. À ce titre, ils analysent la conjoncture économique de la branche aux niveaux régional et national.

Le Réseau CIBTP produit chaque année des indicateurs destinés à être publiés ou à servir des analyses statistiques. Ainsi, les analyses du réseau des CERC s’appuient notamment sur de nombreuses données fournies par le réseau CIBTP parmi lesquelles des données relatives aux entreprises adhérentes, aux salariés mais aussi aux entrées et sorties de la branche.